TEIKIHEUMANU TAMARII
Sculpteur, danseur et professeur de sport, Hiva-Oa, Iles Marquises
Teiki est né et a grandi à Nuku-Hiva, entouré de sculpture, de danse et de sport. Ces trois passions ne l'ont jamais quitté. Aujourd'hui encore, il les pratique toutes les trois, comme trois manières de raconter la même chose : la culture marquisienne qu'il a reçue enfant et qu'il porte encore, dans chacun de ses gestes.
Un nom, une lignée
Troisième enfant de la famille, Teiki porte le prénom de son grand-père maternel, Teikiheumanu. Teiki est un prénom courant aux Marquises, autrefois réservé aux fils de chefs. Ce qui distingue chaque famille, c'est la suite qui accompagne ce nom, comme une marque transmise de génération en génération. Teikiheumanu signifie « celui qui appelle les oiseaux ». Ce prénom prend tout son sens chez Teiki, qui perpétue la danse de l'oiseau.
Le geste transmis, la danse portée
Pour Teiki, sculpter et danser sont deux façons différentes de raconter la même histoire : celle d'une culture qu'il porte en lui et qu'il refuse de laisser derrière.
Il a appris la sculpture auprès de son père Etienne Tamarii, mais pas seulement. Il l'a aussi apprise auprès de son oncle Edgar Tamarii, et aujourd'hui encore, il continue d'apprendre aux côtés de Poenaiki Kimitete, un autre sculpteur marquisien.
La danse, on ne saurait dire précisément depuis quand il la pratique. C'est une passion qui semble avoir toujours été là, comme si elle n'avait jamais eu besoin de commencer. Pendant ses études à Lyon, loin de Nuku-Hiva, il est devenu chef de danse de l'Association des Etudiants de Polynésie Française (AEPF Rhones-Alpes). Lorsqu'il était à des milliers de kilomètres des Marquises, la danse restait le fil qui le reliait à chez lui.
Transmettre bien plus que du sport
Dans le sport, sa passion, c'est le football. Devenu professeur de sport, ce qui compte pour lui c'est bien plus que le ballon lui-même. Sur le terrain, il trouve un moyen de faire passer à ses élèves quelque chose de plus grand qu'une discipline sportive : une culture, une fierté, une manière d'être marquisien. Quand ses élèves se rendent à Tahiti, ils préparent toujours une danse, non pas comme un numéro, mais comme un remerciement, pour ceux qui les accueillent ou qu'ils croisent en chemin.
Une famille qui porte, une famille qui soutient
À ses côtés, sa femme Hoani Tevaria l'accompagne et le soutient dans tout ce qu'il entreprend. Elle aussi est danseuse, profondément enracinée dans la culture marquisienne, et ne manque jamais d'idées pour la faire vivre autrement. Ensemble, ils la transmettent à leurs trois enfants, une manière de leur donner les mêmes repères qu'ils ont eux-mêmes reçus.
Le visionnaire de la famille
Il y a chez Teiki quelque chose de visionnaire et c'est en sculpture que ça se voit le mieux. Il ne se contente pas de reproduire ce qu'on lui a appris. Il cherche toujours à faire évoluer son art tout en restant fidèle aux enseignements qu'il a reçus. Pour lui, être visionnaire, c'est savoir regarder vers l'avenir sans jamais oublier ses racines. Comme il aime le rappeler : « Allons loin, mais n'oublions jamais d'où nous venons ».
Danseur, professeur et sculpteur, Teiki porte à travers chacune de ses passions une même mission : transmettre et faire vivre la culture marquisienne auprès des jeunes générations.






