TEPUEITINI TAMARII
Tepueitini est née et a grandi à Nuku Hiva. C'est là que tout a commencé : une enfance passée dehors, à grimper aux arbres et à observer le monde autour d'elle. Comme beaucoup d'autres enfants de son île, elle n'avait que 14 ans quand elle a quitté l'île pour continuer ses études. Mais ce lien à sa terre, lui, n'est jamais vraiment parti.
Un prénom comme héritage
Tepueitini tient son nom de sa grand-mère maternelle. Aux Marquises, ce prénom évoque une déesse parée de dents de dauphin, un trésor précieux pour les anciens. On dit aussi qu'il désigne un coquillage, celui qui garde en lui des milliers de dents comme on garderait un trésor. Un nom qui, sans qu'elle l'ait choisi, en dit déjà beaucoup d'elle : cette manière qu'elle a de recueillir ce qui compte, de le garder précieusement, pour mieux le transmettre à son tour.
Une enfance les pieds dans la terre
Enfant, Tepueitini passait son temps dehors. Elle rêvait d'une cabane dans les arbres, en particulier dans le tamarinier planté à côté de la maison. Elle aimait grimper, s'installer sur une balançoire suspendue entre les branches, et rester là-haut, sans rien faire de particulier, juste pour ressentir ce calme, cette paix qu'elle ne retrouvait nulle part ailleurs. Déjà, elle était sensible à ce qui l'entourait : elle ne supportait pas qu'on jette des déchets n'importe où, comme si cette terre méritait plus de soin que ça. Elle a aussi fait de la danse, un temps, sans vraiment y trouver sa place. Ce n'était pas grave : très tôt, Tepueitini a compris qu'il fallait essayer les choses pour savoir si elles étaient faites pour elle.
Ce qu'on attendait d'elle
À l'école, Tepueitini était une bonne élève. Sa mère, directrice d'école, a longtemps été son inspiration. On lui disait souvent qu'elle prendrait sa relève un jour, si souvent qu'elle a fini par y croire elle-même. Elle a même commencé à orienter ses études dans ce sens. Mais au moment de choisir vraiment, c'est vers le tourisme qu'elle s'est tournée, une voie bien différente de celle qu'on lui promettait. Elle a fait ce choix en pleine crise du Covid, à un moment où ce secteur semblait tout sauf porteur. Mais Tepueitini a toujours rêvé de voyager, de découvrir d'autres cultures, et rien n'a pu la détourner de cette envie-là.
Sur les quais, avec son père
Petite, Tepueitini accompagnait son père aux expositions de sculpture, quand les paquebots faisaient escale. Elle se souvient de ces moments-là comme d'un premier contact avec le monde : des visages différents, des langues qu'elle ne comprenait pas et une curiosité qui s'éveillait à chaque fois un peu plus. C'est peut-être là, sans qu'elle le sache encore, qu'est né son envie de voyager, de sortir de son île pour mieux y revenir. La sculpture, elle, est restée : un héritage qu'elle porte avec fierté, et qu'elle a toujours voulu mettre en lumière, à sa manière.
Partir pour mieux comprendre
Le vrai déclic est venu lors d'un voyage en Nouvelle-Zélande. C'est là qu'elle a rencontré une personne qui deviendrait l'une de ses meilleures amies, elle aussi passionnée par le tourisme. À partir de ce moment-là, tout est devenu plus clair. Après le bac, Tepueitini s'est engagée dans des études de tourisme, BTS, puis licence, puis master, ponctuées de nombreux stages, parfois même à l'étranger, pour trouver sa place. Une partie de ce parcours l'a menée en France. Aujourd'hui diplômée, elle a choisi de revenir en Polynésie, pour mettre ses compétences au service de son pays.
Transmettre grâce au tourisme
Aujourd'hui, Tepueitini travaille dans le tourisme. Une voie qu'elle n'imaginait pas, à l'origine, aussi proche de ce qui compte vraiment pour elle. C'est justement par le tourisme qu'elle s'est rapprochée de sa culture, de son histoire : pour elle, transmettre commence toujours par comprendre, par savoir. C'est cette conviction qui l'anime aujourd'hui dans tout ce qu'elle entreprend.
Un jour, lors d'une cérémonie, un tahu'a a dit à Tepueitini qu'elle serait celle qui aiderait les siens à concrétiser leurs rêves, à leur donner vie. Elle n'a jamais oublié cette phrase. Nuku Tiki, c'est peut-être la première preuve que c'était vrai : un projet né de l'envie de mettre des mots sur ce que sa famille construit déjà, pour que ce rêve commun puisse enfin se dire, et se partager avec le monde.
