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MAKIEHITU TAMARII

Tatoueur, sculpteur et musicien, Nuku-Hiva, Iles Marquises​​​​

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Maki ne dit pas grand-chose, il laisse ses gestes parler pour lui. Un trait posé, avant même de savoir ce qu'il deviendra : voilà comment tout commence chez lui, que ce soit un tatouage, une sculpture ou une mélodie. Maki est né et a grandi à Taiohae, ancré dans la culture marquisienne. Cette culture, il n'a jamais voulu se contenter de la recevoir. Il a toujours cherché à la faire rayonner plus loin.

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Une intelligence qui passe par les mains

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Enfant déjà, Maki observait beaucoup. Discret, posé, calme, il regardait avant de faire. Et quand il faisait, c'était juste. Ceux qui l'ont vu dessiner connaissent ce moment : la ligne se pose, sûre, presque sans hésiter. Il ne cherche pas longtemps son motif, il le trace comme s'il le portait déjà en lui. Un jour, il a dessiné un motif sur la main de sa petite sœur, lui qui tatouait déjà depuis longtemps. Ce jour-là, en même temps que le dessin prenait forme, une envie est née en elle : se faire tatouer. C'est ça, le talent de Maki : il voit ce qu'il doit faire, et ses mains n'ont plus qu'à suivre.

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Plusieurs mains, un seul geste

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Ce sens du geste, Maki ne l'a pas construit seul. Il vient de trois hommes qui avaient consacré leur vie au bois avant lui : son père Étienne Tamarii, et ses oncles Edgar et Benoît Tamarii. C'est auprès d'eux qu'il a appris à sculpter et à comprendre le bois. Le tatouage, la danse, la musique, il est allé les chercher lui-même. Aujourd'hui, il sait graver, tatouer et sculpter, sans avoir fait de l'un de ces arts un métier unique. Là où d'autres se seraient contentés d'une seule voie, Maki a préféré les explorer toutes en même temps.

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Protéger, sans le dire

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Même si Maki reste discret sur ce qu'il sait faire, son entourage sait de quoi il est capable. Quand une commande dépasse ce que son père peut réaliser seul, c'est lui qui prend le relais car ce qu'il dessine, il sait aussi le sculpter. Un jour, quelqu'un a demandé à Étienne de sculpter une tête de cochon sur un Opinel. Ce n'était pas son domaine, alors Maki l'a fait.

Mais ce qui le caractérise avant tout, c'est l'attention qu'il porte au sens des motifs et des mots. Cette attention, il l'a mise au service d'un projet plus grand : Patutiki, le livre du tatouage marquisien. Aux côtés de son ami Teiki Huukena, il a participé à ce travail de recherche et de recensement, pour que les motifs et leur signification ne se perdent pas. C'est cette même attention qui le rend protecteur. D'abord des gens qu'il aime, mais aussi de la culture qu'il porte. Il ne le dit pas, il le fait.

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Voir plus grand

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Doué de ses mains, il aurait pu faire de la sculpture, du tatouage ou de la musique son métier mais Maki voyait plus loin. Ses ambitions l'ont mené jusqu'à Lyon, où il a suivi des études d'ingénieur. Aujourd'hui, c'est à la Communauté de communes des Îles Marquises qu'il s'épanouit. Il y voit un moyen de faire de grandes choses pour l'archipel, de mettre sa rigueur au service d'une cause qui ne l'a jamais quitté, faire reconnaître les Marquises bien au-delà de leurs rivages.

 

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Revenir, pour transmettre à son tour

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Revenu aux Marquises, Maki n'a jamais vécu ce choix comme un repli, mais comme une évidence : élever ses deux filles là où lui-même avait grandi. Il savait qu'une culture ne se transmet pleinement qu'en la vivant sur place, au contact de la terre, des gestes et des voix qui la portent encore. Portées par tout ce qui a façonné leur père, ses filles sont aujourd'hui danseuses et chanteuses. Ce qu'il a reçu enfant, il continue de le leur donner au quotidien.

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