TAMAMOTUI DEANE
Sculpteur sur bois, Tahiti, Iles de la Société
Tamamotui est né et a grandi à Nuku Hiva, aux Îles Marquises. Cette nature l'a façonné et il a toujours voulu y vivre, entouré des siens. Aujourd'hui installé à Tahiti, il retourne dès qu'il le peut aux Marquises, pour se ressourcer et retrouver ce qui l'a construit.
Le grand-père, la sculpture manquée
Le grand-père de Tamamotui sculptait la pierre. Enfant, il le regardait travailler sans vraiment s'y intéresser, comme on le fait souvent avec ce qui nous entoure depuis toujours. Plus tard, il a compris ce qu'il avait manqué : la chance d'apprendre directement de ses mains et de sa patience. Cette prise de conscience lui a appris une chose essentielle. La sculpture ne porte pas seulement un savoir-faire, elle porte toute une culture.
Apprendre, une première fois
C'est à l'école que Tamamotui a fait ses premiers gestes, avec Damien Haturau, un grand sculpteur qui lui a transmis les bases. Au CETAD, il a participé à un concours de sculpture et l'a remporté. Cette victoire lui a permis de voir Tahiti pour la première fois, sans savoir que cette île deviendrait un jour celle où il vivrait.
Une rencontre qui change tout
Tamamotui est l'époux de la fille aînée d'Étienne Tamarii. C'est cette rencontre qui a fait naître son véritable attachement à la sculpture. Aux côtés de son beau-père, il a appris à tailler le bois sérieusement, avec la patience et la rigueur que demande ce métier. C'était aussi une façon de renouer avec ce que son grand-père n'avait pas eu le temps de lui transmettre. Tamamotui a fini par reprendre les affaires de ce dernier, comme pour refermer une boucle restée longtemps ouverte.
Apprendre à transmettre
Aujourd'hui, aux côtés d'Étienne Tamarii, Tamamotui apprend aussi à donner des cours. Cet exercice ne lui vient pas toujours naturellement. Perfectionniste et minutieux, il aime que chaque détail soit juste, et cette exigence le rattrape parfois quand il enseigne. Il montre un geste à quelqu'un, puis finit par le refaire lui-même, par souci que tout soit bien fait. Avec les enfants, c'est souvent pareil. Ce n'est pas un manque de confiance, c'est simplement sa façon d'être exigeant, avec les autres comme avec lui-même. Il avance doucement et prend le temps qu'il faut, car pour lui, rien ne vaut la peine d'être vite fait si ce n'est pas bien fait.
Sa signature dans le bois
Ce que Tamamotui préfère sculpter, ce sont les mata tiki. Un autre motif revient pourtant dans toutes ses œuvres, presque sans qu'il y pense : les feuillages. Une empreinte discrète, sa façon à lui de signer chaque pièce sans avoir besoin d'écrire son nom.
Un héritage à transmettre à son tour
Tamamotui a trois enfants, trois garçons. Avec sa femme, ils veillent à leur transmettre cette culture, celle que Tamamotui a lui-même mis du temps à s'approprier pleinement. Ce que son grand-père n'a pas pu lui donner, il fait en sorte de ne pas le laisser filer une seconde fois. Dans le bois qu'il sculpte, dans ce qu'il transmet à ses enfants, et dans cette terre des Marquises vers laquelle il revient toujours.





